Chimie: Chez Lumpp l’export est passée de 35 % à 70 % en trois ans
Fortement lié aux investissements, le secteur de l’agitation suit de près les évolutions de l’industrie. En France, la tendance est à la revalorisation de la fonction et au suivi rigoureux des besoins des clients.
Chimie de base, pharmacie, agroalimentaire, peintures et enduits, chimie fine : tous ces secteurs ont recours à …des étapes d’agitation ou de mélange des produits. Un marché très éclaté, dont le poids national est de l’ordre de quelques dizaines de millions d’euros. Il est difficile de préciser ce chiffre : certains acteurs se spécialisent dans les pâtes et les poudres alors que d’autres ne travaillent qu’en phase liquide, certains se positionnent dans tous les domaines de l’agitation alors que d’autres se concentrent sur le marché de la chimie fine, certaines sociétés proposent des unités fonctionnelles complètes aux industriels alors que leurs confrères se concentrent sur les agitateurs proprement dits et travaillent avec des chaudronniers « Certains de nos confrères sont bien placés sur le marché du traitement de l’eau, mais on ne les retrouve pratiquement pas en pharmacie.D’autres sont reconnus pour la fabrication d’appareils de grosse taille. D’autres encore proposent à la fois l’agitateur mais aussi des ensembles complets : cuves, pompes, etc. Dans ces conditions, c’est difficile de parler du marché de l’agitation : il y a plutôt des marchés a résume Laurent Mangeolle, président-directeur général de la société Agitec. Quoi qu’il en soit, on retrouve à la fois sur ce marché des sociétés françaises bien positionnées au niveau national, comme les trois entreprises de la région lyonnaise Mixel, Lumpp et Agitec, ou encore VMI/Rayneri, mais également de grands acteurs internationaux comme Milton Roy Mixing ou Ekato, ainsi que d’autres sociétés, comme Hosokawa, Guérin Systems ou Joffe Agitateurs, entre autres. Ces entreprises, dont l’activité est fortement liÃée aux investissements industriels, ont été nombreuses à accompagner les évolutions de l’industrie chimique en se tournant, comme leurs clients, vers l’export. Chez Lumpp, on indique ainsi que la part de l’export est passée de 35 % à 70 % en trois ans. Milton Roy Mixing affiche également 60 % d’export, auquel la croissance du chiffre d’affaires (plus de 20 % par an) est directement liée. Autre grande tendance : la diversification vers la chimie fine, la pharmacie et l’agroalimentaire. « Pour nous, la pharmacie a beaucoup compensé la réduction d’activité dans le domaine de la chimie , témoigne ainsi Pascal Garnier, directeur de l’entreprise Hosokawa Micron France, spécialisée dans le traitement des poudres et des pâtes. « La chimie, c’est ce qui a permis à Agitec de décoller », explique pour sa part Grégory Badey, responsable commercial chez Agitec. « En 1995, 80 % de notre chiffre d’affaires provenait de la chimie. Deux ans plus tard, nous sommes lancés à la conquête du marché pharmaceutique. Aujourd’hui, le chiffre d’affaires réalisé en chimie est resté constant et représente un quart du chiffre d’affaires global grâ¢ce à cette diversité». Sur le marché français de l’agitation en chimie, ce sont surtout le remplacement et la rénovation des installations existantes qui priment. Au cours de ces dernières années, la tendance générale s’est l infléchie, notamment du fait de l’entrÃée en vigueur de la norme Atex. « Cela a donné un souffle à la partie chimie de nos activités», témoigne Fréderique Bucket, assistante commerciale chargée du marketing chez Mixel. Revers de la médaille : les sociétés qui ont dû mettre leurs installations en conformité n’ont pas investi dans de nouvelles lignes… Toutefois, aujourd’hui, la mise en oeuvre de cette directive n’est plus toujours perçue comme un passage obligé. « Nous avons eu un regain de demandes au cours de ces trois dernières années, mais nous avons constaté un retournement de tendance depuis la fin 2005 , nuance pour sa part Stanislas Spychala, directeur commercial de la société VMI/Rayneri. « Nos clients tendent à s’intéresser à des produits respectueux de l’environnement, qui ne sont pas soumis à cette réglementation. Ils nous demandent de plus en plus de nous adapter à ces produits », poursuit-il. L’adaptation est d’ailleurs un impératif. La complexification des produits a conduit à un véritable essor des installations sur mesure, avec une importance croissante des demandes formulées par le client. » Cette tendance s’explique par le fait que tout ce qui est monoproduit en grande quantité n’est plus fait en France », analyse Frédéric Joffe, gérant de la société Joffe agitateurs. L’agitation au coeur du procédé Les solutions standardisées ne sont donc plus de mise en chimie. La nécessité de s’adapter étroitement aux besoins de l’industriel conduit les fournisseurs d’appareils d’agitation à entrer de plus en plus dans le process. Certaines entreprises ont même fait le choix de proposer des unités fonctionnelles clés en main, plutôt que de passer par des ensembliers.« Le client préfère avoir une chaaîne intégrée », estime ainsi Gérard Poulard, responsable du centre de recherche et de l’institut des poudres de la société Guérin Systems, qui propose des installations complètes de traitement des poudres. Quelle que soit leur stratégie par ailleurs, les professionnels de l’agitation ont en tout cas une carte à jouer dans ce contexte d’un lien de plus en plus étroit entre la conception du process et celle du dispositif d’agitation : faire de ce dernier un allié des industriels. « Dans le passé, beaucoup d’acteurs considéraient les agitateurs comme des accessoires. Or, un agitateur peut être au coeur du procédé. Optimisé, il peut, par exemple, diviser le temps de chauffage par deux et permettre de limiter les pertes et de faire des économies é©nergie », souligne ainsi Patrice Cognart, chef de produit chez Milton Roy Mixing. Outre cette revalorisation de la fonction agitation, les demandes concernant la traçabilité et la nettoyabilité sont de plus en plus prises en compte. Dans le même état d’esprit, l’accompagnement du client, non seulement lors de la conception mais aussi pour la maintenance et lors du développement et de l’évolution des produits, prend de l’importance. Cet accent mis sur le suivi clientèle est d’autant plus porteur qu’une fois un process validé avec un type d’appareil, les industriels restent très souvent fidèles à ce premier choix. Les sociétés implantées en région excellent dans la mise en place de services et de relations ) long terme avec les industriels, ce qui explique leur performance sur le marché des agitateurs dédiés à la chimie. Dans d’autres secteurs, en revanche, ce haut niveau de service ne suffit pas à conjurer la menace de sociétés espagnoles ou italiennes, qui tirent les prix vers le bas. Toutefois, ce positionnement se révèle surtout porteur sur les segments où des produits standard sont adéquats, comme le traitement de l’eau. En chimie, le haut niveau technique requis et la nécessité de prendre en compte les contraintes industrielles favorisent au contraire les socé©tés qui fournissent un important effort de recherche et développement. « Ces dernières années, il y a eu une segmentation plus importante du marché du fait de l’arrivée de modules d’agitation basiques, très bon marché», confirme Stanislas Spychala. « En conséquence, nous nous sommes repositionnés sur des installations plus complexes, avec un apport d’ingénierie. On est passé d’une offre produit à une offre service, ce qui s’est traduit par une multiplication par trois des effectifs du bureau d’étude », poursuit-il. L’importance de la recherche et développement (qui balaie un ensemble de domaines, de la mécanique à la mécanique des fluides en passant par le génie chimique) est d’autant plus prégnante que les produits changent. Dernièrement, l’évolution des résines a, par exemple, modifié notablement leur comportement rhéologique, obligeant les professionnels de l’agitation à s’adapter. Les efforts de recherche et développement servent aussi à convaincre l’industriel de la rationalité de la solution proposée, afin d’obtenir un marché. Ainsi, les essais sur des installations pilotes permettent de vérifier l’adaptation du dispositif aux besoins du client. Chez Milton Roy Mixing, on mise en outre sur les outils informatiques de la CFD (Computational Fluid Dynamics) pour optimiser les développements. D’autant plus que « cela rassure le client de voir son projet industriel cartographié », affirme Patrice Cognart. Conquêrir de nouveaux clients Si l’accompagnement des industriels figure parmi les priorités, la recherche de nouveaux clients n’est pas oubliée. Annonces dans la presse, participation à des rencontres et des salons professionnels, bus mailing figurent parmi les méthodes employées. Internet se révèle aussi un outil efficace pour une prise de contact. Les nouveaux clients, ce sont aussi les acteurs d’un marché qui pourrait se développer à l’avenir : celui des biocarburants. Le secteur semble prometteur pour les agitateurs, au vu du nombre de projets, même si chaque annonce n’augure pas toujours une réalisation immédiate.
(source info Chime)
