SSII au Maghreb

bergamonPour accroître leurs revenus, les SSII africaines ont investi des activités connexes moins rentables et à  plus faible valeur ajoutée, comme la distribution de matériel informatique, l’installation et la maintenance de réseaux, l’intégration de progiciels (paie, par exemple), la fourniture d’accès à  Internet et de téléphonie sur Internet (VoIP). « Dans la plupart de ces domaines, les SSII …doivent faire face à   la concurrence du secteur informel», explique Aissata Sow Thiam. La formation figure Également dans la palette des offres que proposent la quasi-totalité des SSII africaines. A tel point que la concurrence est vive et les marges réduites. « Il y a eu une véritable prolifération des SSII africaines ces dernières années, sans une réelle spécialisation et de façon anarchique, commente un professionnel basé à  Paris. Le secteur aurait besoin d’une consolidation pour se stabiliser».
Le développement des SSII au Maroc et en Tunisie avait connu les mêmes travers il y a une dizaine d’années. Progressivement, la profession s’est organisée. Sous l’impulsion de leurs groupements professionnels, les SSII ont élaboré de véritables stratégies nationales pour se positionner sur la scène locale et mettre en valeur les avantages comparatifs de leur pays pour l’implantation des entreprises étrangères exerçant dans le domaine des TIC, leur proposant d’abord d’Être leurs sous-traitants. « Ensuite, elles ont capitalisé sur le développement des infrastructures des télécommunications et celui des compétences locales, notamment grâce à  la mise en place de filières appropriées de formation, pour s’orienter progressivement vers l’offshoring», constate Aissata Sow Thiam.
Insuffisamment positionnées sur l’offshore
Sur le modèle de l’Apebi marocaine (Association des professionnels des technologies de l’information) et d’Infotica en Tunisie, des groupements professionnels voient le jour en Afrique francophone, à  l’instar de l’Organisation des professionnels des technologies de l’information et de la communication (Optic), au Sénégal, ou encore le Groupement interprofessionnel des métiers de l’informatique (Gimi), en Côte d’Ivoire. Leur dénominateur commun est d’assurer la promotion des entreprises de logiciels et services et la défense des intérêts collectifs des professionnels. Mais les missions varient fortement d’un pays à l’autre. Bien qu’ils servent d’observateur et d’analyste privilégié du secteur des logiciels et services dans leur pays, les rôles du Gimi ivoirien et l’Optic sénégalaise n’ont pas encore les mêmes orientations stratégiques que celles de l’Apebi marocaine ou de l’Infotica tunisien. Quand les organisations professionnelles maghrébines s’orientent vers l’offshoring, leurs consœurs africaines peaufinent encore leur stratégie pour asseoir leur légitimité
Se concerter avec les clubs d’utilisateurs
Parmi les solutions qui permettront d’y parvenir, figure la mise en place d’un cadre de concertation avec d’autres représentants de la profession, notamment les donneurs d’ordre ou les prescripteurs. Au Maroc, l’Association des utilisateurs des systèmes d’information du Maroc (Ausim) regroupe les Directeurs des systèmes d’information des grandes entreprises marocaines. L’association existe depuis une quinzaine d’années et fait figure de précurseurs même si ses ambitions sont en deçà  des enjeux. Par contre, il n’existe pas encore de structure similaire en Tunisie, ni au Sénégal. En Côte d’Ivoire, le Club des DSI récemment formé n’a pas encore le recul nécessaire pour amorcer l’Échange avec le Gimi. Dans les pays industrialisés, les professionnels de l’informatique, fournisseurs et clients, se sont structurés au fil du temps, ce qui a permis de mettre en place des mesures communes permettant, par exemple, de labéliser les prestations et de définir des référentiels d’expertise et de bonnes pratiques. Des actions pour le moment disparates se mettent en place au sud du Sahara. De leur succès dépendra la survie des SSII africaines et leur légitimité aux yeux des donneurs d’ordre.
(Source : Mag-IT)

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